Le biais du survivant dans le football

Le football est un sport magnifique dont les plus belles rencontres font souvent références à des parties d’échec mémorables, comme aime souvent le rappeler le grand Pep Guardiola.

Total Football
2 min ⋅ 29/09/2023

Mais le football ce n’est pas que ça. Pour Marcelo Bielsa, le foot, c’est des maths. « Si l’attaque adverse ne met qu’un attaquant de pointe, alors on jouera avec deux défenseurs centraux. Si jamais il y en a deux, alors ce sera une défense à cinq » dixit les préceptes du grand maestro du jeu en attaque placée et aux défenses millimétrées. 

Cela soulève une idée intéressante, qui est de se poser la question suivante : Est ce que le biais du survivant peut s’appliquer au football? 

Mais d’abord, il est important de rappeler ce qu’est cette théorie : 

« Le biais du survivant consiste à tirer des conclusions en ne prêtant attention qu’aux seuls témoignages des individus qui ont réussi (mais qui sont en fait des exceptions statistiques), et en ignorant ceux des autres (qui sont pourtant les plus représentatifs). »

En d’autres termes, ce biais sert à comprendre comment ceux qui réussissent l’ont fait, et analyser l’échec de ceux qui ont échoué, afin de renforcer le taux de réussite à venir. Et c’est là que ça devient intéressant quand on le transpose au football ! 

Zdenek Zeman, illustre entraineur tchèque-italien avait pour mantra de jouer un football tellement total que sa philosophie de jeu était simplement d’avoir un but de plus que l’adversaire en fin de rencontre, quitte à en prendre quatre dans la musette. On se doute évidemment que l’amélioration de ses schémas défensifs étaient le cadet de ses soucis, tant que son équipe plantaient pion sur pion. Et c’est là que ça s’est mis à grincer pour lui, quand les entraineurs adverses ont appris à cadrer les attaques de ses équipes, ce dernier s’est retrouvé en grande difficulté. 

À l’inverse de Zeman, de grands tacticiens comme José Mourinho - qui passe son temps à analyser ses adversaires afin d’adapter au maximum son collectifs aux enjeux à venir et faire déjouer l’équipe adverse - ou bien encore de Roberto De Zerbi - qui passe son temps à réduire les espaces de ses adversaires dans le jeu sans ballon, avant de se servir du principe de jeu du troisième homme pour placer des attaques fulgurantes - sont des modèles de rationalisation du football. Ils le rendent plus froid mais pas moins spectaculaire, quand on aime un temps soit peu, analyser les tactiques de ces grands coachs. 

Si jamais vous avez la chance de regarder les équipes de ces deux entraineurs parmi tant d’autres, prenez le temps d’analyser à quel point Mourinho sait jouer entre les lignes de l’équipe adverse et, concernant le Brighton de De Zerbi, régalez vous devant le ballet de ses joueurs quand il s’agit de défendre pour ces derniers. 

Evidemment, le football ne se limite pas simplement au fait de réduire les risques défensifs et maximiser ses occasions en attaque, bien d’autres paramètres entrent en jeu et nous les aborderons dans une prochaine newsletter ! 

 

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Par Total Football